La sécurisation des objets connectés passera par la sécurisation du réseau Wifi selon Avast

Avast a réalisé une étude sur la sécurité de nos réseaux Wifi domestiques.

En parallèle du lancement d’un nouveau service inclus dans la dernière mouture de leur anti-virus AVAST 2015, les dirigeants d’Avast sont venus présenter les résultats de cette étude à Paris le 3 décembre.

Nous les avons rencontrés pour échanger avec eux sur la sécurisation des objets connectés.

Routeurs et box Internet, point d’entrée privilégié des hackers

74% des réseaux domestiques français sont fortement exposés à la cybercriminalité

20% des Français déclarent avoir déjà été victime d’un pirate informatique

Pourquoi une telle faille dans nos réseaux domestiques ? L’étude menée par Avast nous apporte quelques réponses à cette question :

  • 24% des consommateurs utilisent comme mot de passe leur adresse, leur nom, leur numéro de téléphone, le nom de leur rue ou d’autres mot de passe faciles à deviner,
  • 25% des personnes interrogées utilisent toujours le même nom d’utilisateur et le même mot de passe, aussi bien pour leur routeur que sur les sites web protégés par mot de passe,
  • 23%  ignorent s’ils disposent d’une solution de protection sur leur réseau domestique,
  • 34% ont conservé le mot de passe par défaut de leur routeur, tandis que 6% des utilisateurs sont incapables de répondre à cette question.

Les craintes des Français face au piratage de leurs données

  • 34% craignent pour le vol de leur données bancaires ou financières ;
  • 34% ont peur de perdre leurs informations personnelles ;
  • 17% ont peur de voir leurs photos piratées ;
  • 13% craignent pour le vol de leur historique de navigation.

Les objets connectés sont déjà présents en masse dans les ménages français

96% des ménages français possèdent six appareils ou plus connectés à un réseau Wi-Fi

En marge des ordinateurs de bureau et portables, les utilisateurs possèdent :

  • des appareils mobiles (28%),
  • des imprimantes et scanners (18%),
  • des Smart TV (5%),
  • et des lecteurs DVD ou Blu-ray (3%) connectés à leur réseau Wi-Fi.

Interview de Vincent Steckler Directeur Général d’Avast et Ondřej Vlček, Directeur des Opérations

LesConnectés.net : Pourquoi pensez-vous que la sécurisation des objets connectés passera obligatoirement par la sécurisation du routeur ou de la box internet et du Wifi ?

Ondřej Vlček : Le routeur est le cœur de la maison connectée d’aujourd’hui. C’est un point d’entrée facile pour du piratage en masse. Peu importe les appareils qui sont connectés  au routeur, le routeur ou la box internet donnent accès à tout votre réseau. Notre rôle est d’offrir une sécurité optimale contre ce qu’on appelle le « general targeting ». C’est à dire des attaques générales et en masse, la quasi-totalité des attaques auxquelles peut être soumis un utilisateur grand public.

Le routeur est le cœur de la maison connectée d’aujourd’hui.

Il est plus facile pour un pirate de lancer une attaque massive en direction des réseaux domestiques non sécurisés. Grâce à des robots et des scripts automatisés, ils peuvent trouver facilement le mot de passe et le nom d’utilisateur d’une grande majorité d’utilisateur qui n’aurait pas appliqué les règles basiques de confidentialité.

LesConnectés.net : Concrètement, qu’apporte le nouveau service que vous avez inclus dans votre anti-virus Avast 2015 ?

Ondřej Vlček : Il s’agit d’un outil qui va scanner le routeur et détecter toutes les failles susceptibles d’être exploitées par un pirate. Puis notre produit propose une liste des actions à effectuer pour sécuriser au mieux la box ou le routeur.

LesConnectés.net : N’avez-vous pas peur que les solutions ou actions à effectuer par l’utilisateur ne soient pas trop techniques pour un usager qui n’a pas forcément expert ?

Ondřej Vlček : C’est justement le but que nous nous sommes fixés : simplifier l’utilisation et faire de la pédagogie pour que n’importe quel utilisateur soit capable d’appliquer les recommandations.

LesConnectés.net : A l’heure actuelle, Avast est le seul anti-virus grand public qui ait décidé de s’attaquer à la protection de la connexion Wifi  ?

Ondřej Vlček : Oui.

LesConnectés.net : L’étude que vous avez commandée montre l’extrême  défaillance dans la sécurisation de nos réseaux domestiques. Comment cela se fait-il qu’aucun éditeur d’anti-virus n’y ait pensé avant ?

Ondřej Vlček : C’est encore une question que je me pose ! Mais avec l’augmentation croissante des appareils connectés et des données sensibles qu’ils renferment, il va devenir indispensable que les usagers prennent conscience de ces menaces.

LesConnectés.net : Cette solution fait partie de votre anti-virus  Avast 2015 disponible gratuitement. Quel est le business model qui vous permet de gagner de l’argent ?

Ondřej Vlček : Avast représente 250 millions d’utilisateurs à travers le monde. Nous proposons une version premium payante avec des services supplémentaires. Il suffit que nous ayons 3% de nos utilisateurs qui basculent sur la version payante pour être rentable. Ce qui est le cas. Plus de 7,5 millions d’utilisateurs ont opté pour la version payante.

Avast représente 250 millions d’utilisateurs à travers le monde.

Ce qui est intéressant c’est de voir les différences entre pays.

Aux États-Unis, par exemple, il y a 10% de nos utilisateurs qui optent pour la version premium, alors qu’en France, ils ne sont que 6%. En Chine nous nous sommes très proche des 0%.

LesConnectés.net : Quel est votre point de vue sur la protection des données et de la vie privée sur Internet ?

Vincent Steckler : Il n’y a pas de vie privée lorsque nous sommes sur internet. C’est le prix à payer pour avoir accès à un internet gratuit. Les fournisseurs de contenu et l’ensemble des acteurs du web se rémunèrent par la publicité car il n’y a pas d’autre moyen. Les internautes ne veulent pas payer pour avoir accès au contenu.

Il n’y a pas de vie privée lorsque nous sommes sur internet. C’est le prix à payer pour avoir accès à un internet gratuit.

La publicité et par voie de conséquence le ciblage des internautes pour leur offrir une publicité en adéquation avec leurs centres d’intérêts ne peuvent se faire qu’à condition de connaître leurs habitudes, leur mode de consommation, etc…

LesConnectés.net : Vous sécurisez notre vie privée et nos données contre le piratage illégal mais pas contre la collecte légale de nos informations qui pourraient être utilisées pour un ciblage publicitaire ?

Vincent Steckler : Nous proposons certains outils de blocage de publicité. Mais ces systèmes, s’ils étaient utilisés en masse, signeraient la fin d’un internet gratuit. D’autre part, ce n’est pas du tout le même mode de collecte et les mêmes fins. On ne peut pas comparer l’usage qu’un pirate va faire de vos données et l’usage qu’en fait Google, par ex. Le pirate n’est pas du tout intéressé par le même type de données.

LesConnectés.net : Merci.

Vincent Steckler : Merci à vous

A propos de l'auteur

Cécile PINEAU

Cécile PINEAU

Fondatrice du site LesConnectés.net Consultante en communication et fondatrice d'Un Oeil sur la Pub. Passionnée pour tous les moyens de communication et notamment par les NTIC. Aime la SF, l'art contemporain, bidouiller son smartphone, lire, écrire....

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