Le robot est-il un objet connecté ?

Vaste sujet que celui d’essayer de qualifier un robot (de type humanoïde). Qu’est-il véritablement ?, un objet pourvu d’autonomie, de règles automatisées lui permettant d’effectuer des tâches répétitives sans l’action humaine ? ou s’agit-il simplement d’un objet commun (connecté devrait-on dire maintenant) qui peut interagir avec d’autres et envoyer de l’information de manière spontanée et continu à l’instar d’un simple « Beacon »?

Difficile de le classer dans la grande catégorie des objets connectés tant il apporte plus fonctionnellement et techniquement. En effet, si nous prenons l’exemple des robots humanoïdes « évolués » comme Nao (Aldebarran) ou Buddy (Blue Frog Robotics), ils interagissent avec leur environnement, se déplacent (pour la plupart), effectuent des actions coordonnées ou « répondent » pour les plus évolués aux sollicitations de l’homme (interactions par la voix ou le geste).

Cependant, Ils peuvent être aussi pilotés à distance et se connecter à Internet pour exécuter certaines actions (d’ailleurs pour la plupart, cette connexion est obligatoire pour effectuer les différents exercices demandées, récupérer les textes à lire ou simplement proposer un navigateur Internet, car c’est finalement leur IA « Intelligence Artificielle »  qui est déportée sur le cloud) et au final traiter des informations complexes via leur aptitudes à reconnaitre les images par exemple.

Pourtant, à l’heure actuelle, le robot reste paradoxalement très peu connecté et ouvert aux autres objets.

En fait, pour être considéré comme un objet « connecté », le robot individuel doit pouvoir répondre aux spécifications suivantes :

  • Il doit être accessible par des protocoles sans fil de type Bluetooth LE (le plus utilisé), ZigBee ou autres;
  • De la même manière, il doit pouvoir s’intégrer dans un réseau bas débit de type SigFox ou Lora ;
  • Il doit pouvoir avoir une autonomie suffisante pour être accessible le plus longtemps possible ;
  • Il doit pouvoir communiquer de manière transparente ;
  • Il doit pouvoir être administrable via une console d’administration dédiée ;
  • Il doit pouvoir être sollicité à travers des interfaces de synchronisation de type Busit ou IFTTT ;
  • Il doit pouvoir être connecté avec un Desktop ou d’autres terminaux mobiles ;
  • Il doit pouvoir communiquer avec d’autres objets connectés ;
  • Il doit pouvoir s’intégrer dans un Framework de type AllJoyn
  • Il doit pouvoir s’upgrader

Bien entendu, tous ces prérequis ne sont pas obligatoires (d’ailleurs la plupart des objets dits connectés ne couvrent pas encore tous ces paramètres) mais tendent à définir un peu plus précisément ce qu’est un objet « connecté » à l’heure actuelle.

Or si l’on rapproche ces caractéristiques avec celles des robots d’aujourd’hui, force est de constater que nous en sommes encore loin !.

En effet, les principaux Robots Humanoïdes  personnels du marché (Nao, Pepper, Buddy,  Milo , etc..) restent « basiques» dans leurs possibilités d’ouverture aux protocoles, ou assez réfractaires aux autres technologies liant les objets entre eux.

Très peu permettent notamment d’accéder à leurs fonctionnalités via d’autres dispositifs comme les tablettes ou smartphones, ils ne répondent que rarement aux sollicitations transmises par les protocoles comme Bluetooth (ou alors que dans un seul sens).

Ils ne peuvent être intégrés dans un  outil de séquencement (ou trigger) comme IFTTT ce qui serait pourtant extrêmement intéressant (« si tu trouves un objet  sur ton chemin, envoie un mail au propriétaire » par exemple) , leur outil de développement n’utilise que rarement les APIs (Application Programming Interface) mises à leur disposition pour accéder à une première forme d’interopérabilité, enfin et surtout, ils ont pour l’heure une autonomie somme toute limitée due à l’utilisation intensive de leurs multiples capteurs et servomoteurs (la plupart des robots sont d’ailleurs constamment reliés à une prise de courant).

On est bien entendu bien au-delà des robots de type Sphero ou son pendant BB8 (on intégrera également les robots de type Meccano ou Miposaur) qui peuvent être pilotés par des smartphones car ici point d’intelligence, point d’interactions poussées.

Bien entendu, ce manque d’ouverture est fortement voulu par les constructeurs actuels car l’intégrité d’un robot (de la coordination des gestes,  à la mise en intelligence des actions) doit être fortement renforcée et stabilisée. S’ouvrir à d’autres protocoles ou à d’autres systèmes viendrait à bouleverser voire à menacer cet ensemble déjà fragile (et qui mélange assidument du Software avec du Hardware).

Finalement doit-on considérer un robot personnel comme un objet connecté ou faut-il le qualifier d’objet « intelligent, autonome et isolé »?

Disons que la génération actuelle n’est pas « pensée » pour cela, elle propose une expérience unique pour un type de robot humanoïde précis (une sorte de silo que nous avions déjà évoqué pour les premiers objets connectés). La prochaine vague intégrera les composantes d’un système « full connecté » en permettant des interactions avec les objets, en échangeant toujours plus d’informations qui pourront par la suite être traduites par des actions du Robot. Le robot actera une décision par rapport à un comportement d’un ou plusieurs objets ou par l’interopérabilité qu’il fera éventuellement avec d’autres robots.

Imaginons ainsi, un foyer qui utilise un dispositif de brosse à dents connecté pour ses enfants et que selon les interactions de ceux-ci avec l’objet, le robot  interagira avec l’enfant afin de lui expliquer au mieux comment s’en servir (par l’intermédiaire d’exercices par exemple).

Nous n’en sommes qu’aux prémices de la génération «  robot connecté » mais quand celle-ci sera opérationnelle, notre quotidien risque d’en être fortement bouleversé car nous interviendrons de moins en moins dans ce nouvel écosystème « entre machines ».

Categories: Robotique

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Rémy Poulachon

Contributeur Directeur de l'Innovation, Responsable de l'offre Mobilité de SEDONA Grand amateur de science-fiction et de ...robots, passionné par les nouvelles technologies et tout ce qui touche au Gaming.

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