Les revenus additionnels de l’Internet des Objets via la monétisation logicielle

Yohan Labit, Manager Commercial France chez SafeNet-Gemalto nous donne son avis d’expert sur les enjeux de la monétisation logicielle autour de l’IOT.

Bracelets connectés, montres intelligentes, fourchette mesureuse de calories… l’arsenal des objets connectés rentre en force dans notre quotidien. 2015 devrait être l’année de la démocratisation de l’Internet des objets (IOT) et on estime que 60 millions de « trackers » d’activité devraient être en circulation en 2018 (Source Juniper).

Traquer l’activité c’est aussi quelque chose qui intéresse les éditeurs de logiciels. Nous parlons là des statistiques d’utilisation de leur logiciel par les utilisateurs. Les éditeurs qui ont mis en place des outils de tracking, et plus largement des outils de gestion de licences et des droits d’utilisation, ont désormais devant eux un boulevard de croissance. Un boulevard donc, mais qui nécessite le bon véhicule et toute une gamme d’outils que l’on rassemble sous le terme de « monétisation logicielle » : l’adoption des diverses mesures afin d’augmenter la rentabilité de la propriété intellectuelle, c’est-à-dire du logiciel.

Ces mesures de monétisation logicielle comprennent :

  • des techniques de protection de la propriété intellectuelle et anti-piratage,
  • mais aussi des stratégies créatives de tarification et de « conditionnement » ou « packaging ».

Grâce à l’IOT, de nouveaux éditeurs et de nouvelles opportunités

En effet, pour les utilisateurs  la partie logicielle de l’IOT est souvent invisible, car « intégrée », « embedded ». Mais pour réussir cette intégration, les acteurs de ce marché sont en train de réinventer leur métier et leurs façons de faire. L’IOT a ainsi déjà transformé des constructeurs d’objets ou des assembleurs en éditeurs de logiciels, un nouveau métier pour eux. Ils se retrouvent donc confrontés à ces nouveaux problèmes de gestions de droits et de licences que les éditeurs de logiciels « historiques » connaissent bien. Heureusement, en récompense de leurs efforts de nouvelles opportunités s’offrent à ces vendeurs, car quand la valeur du produit se déporte du matériel vers le logiciel, une bonne gestion des licences va :

  • protéger le logiciel (contre le piratage et le vol de données),
  • mais aussi amener plus de revenus et plus de différenciation face à des produits concurrents.

Des opportunités qui se chiffrent en milliards

Ces revenus additionnels possibles ont été chiffrés par le Gartner qui estime que si d’ici 2020 les éditeurs de logiciels destinés à l’IOT ne s’équipent pas de solutions pour gérer leurs licences et droits d’utilisation ils risquent de perdre 20% de revenu potentiel sur leurs ventes de logiciels destinés aux constructeurs d’objets connectés/IOT. Au-delà des trackers d’activité, on peut appliquer notre raisonnement sur les revenus additionnels à l’ensemble des objets connectés circulation, soit 5 milliards actuellement et 25 milliards d’ici 2020 (source Gartner). Si les constructeurs pouvaient collecter 5 dollars de revenus logiciel par objet cela pourrait donc se traduire par 130 milliards de dollars de revenus additionnels.

Il est par exemple possible de :

  • contrôler les accès à un appareil connecté à internet, ses fonctions et ses caractéristiques,
  • d’appliquer une tarification différente pour différents type d’utilisateurs,
  • de regrouper des fonctions dans différents « packages ».

On peut ainsi imaginer que le même bracelet connecté n’aura pas le même logiciel pour les «  sportifs occasionnel » et les « sportifs professionnels ».

L’intérêt d’une différenciation au niveau du logiciel est bien sûr qu’elle permet de :

  • multiplier les  différents packages,
  • de les activer rapidement et à distance, pour une certaine niche de clients ou une occasion particulière.

Un même objet pourra ainsi avoir son « package logiciel spécial Noël » ou « Spécial Star Wars » pour les constructeurs et éditeurs qui pourront s’offrir une autre licence, la licence marketing ! Ce contrôle de la configuration du logiciel donne aussi aux fabricants une plus grande flexibilité pour régionaliser leurs offres et développer des solutions de niche, personnalisées pour des marchés spécifiques sans avoir à fabriquer de produit différent, et ainsi réduire leur nombre de références produits et les coûts globaux de fabrication.

La monétisation logicielle, une activité de spécialistes

D’après le Gartner, la grande majorité des constructeurs ne disposent pas encore de ressources de monétisation logicielle, ou ne les ont pas encore déployées. En effet historiquement ils n’étaient pas confrontés à ces problématiques de propriété intellectuelles du logiciel, et leur premier réflexe s’ils disposent de ressources techniques est souvent de développer en interne leurs propres solutions, sans toujours réaliser l’ampleur du défi pour leurs équipes. D’autres ont fait le choix de se tourner vers des éditeurs spécialisés dans la monétisation logicielle pour ainsi éviter de détourner leurs précieuses ressources de développement.

Finalement, l’agilité et la réactivité d’une solution tierce de Monétisation logicielle c’est aussi ce qui permettra aux nouveaux éditeurs de l’IOT de proposer sur le marché des produits plus innovants, plus adaptés aux besoins clients, plus personnalisés, et plus rapidement disponibles sur le marché… juste à temps pour Noël 2015.

Yohan Labit, Manager Commercial France chez SafeNet-Gemalto

Categories: Economie

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