L’évolution des interfaces homme-machine #ZestInnovation6

La 6ème édition des conférences ZestInnnovation a été particulièrement intéressante et les interventions d’une grande qualité.

L’interface de dialogue entre les utilisateurs et les machines était le fil conducteur qui a animé toutes les interventions.

Accueillies une nouvelle fois par Microsoft dans son appartement démo l’Explorer, les conférences Zest innovation, 6ème édition étaient organisées par Sedona Groupe en partenariat avec LesConnectés.net, Presse Citron et le Web des Objets.

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De nouvelles interfaces voient le jour pour mieux intégrer les dernières innovations dans le quotidien des utilisateurs. A base de design UX, se nourrissant des Big Data et de l’intelligence artificielle, connectées à des robots, des objets intelligents ou simplement à Facebook Messenger, ces interfaces de dialogue entre l’homme et la machine révolutionnent petit à petit notre rapport aux nouvelles technologies et nous font pleinement entrer dans une nouvelle ère.

Des cyborg végétaux, ou comment donner la parole à vos plantes

La société Still Human est intervenue pour nous présenter sa vision de la robotique dédiée au monde végétal et à la Nature.

Un cyborg végétal c’est utiliser de la technologie sur du végétal.

Son CEO MAtthias Schmitt nous a présenté deux produits, l’un – Biom –  en phase d’industrialisation et commercialisable courant 2017 et un autre – Gi.ia – en phase de développement.

Biom – le traducteur du végétal –

Biom nous est présenté comme un cyborg végétal qui redonne la parole à votre plante. Grâce à différents capteurs, il mesure et traduit tous les besoins de votre plante : humidité, lumière, température, richesse de la plante.

Sous la forme d’un pot de fleur, au design tendance, équipé d’une petite LED en son centre, il nous indique si tout va bien d’un seul coup d’œil. Un code couleur simple et facile à retenir permet de savoir s’il faut arroser la plante, la déplacer vers un endroit plus ensoleillé ou si elle a besoin d’engrais.

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Vous retrouverez Biom dans les jardineries courant 2017. Mais ce produit est un premier produit d’appel pour la société, car elle planche déjà sur un projet beaucoup plus ambitieux qui est déjà demandé par des partenaires BtoB.

Ga.ia est un véritable compagnon végétal

En plus de capter et de traduire les besoins de la plante, Ga.ia rend votre plante mobile et autonome. Trop de chaleur dans la pièce derrière la vitre ? Le pot robotisé se déplace vers un endroit plus frais et à l’ombre.

L’humidité de l’air augmente et il commence à pleuvoir ? Les pots placés en extérieur vont aller d’eux même chercher la pluie pour hydrater la plante avant de se repositionner dans un endroit abrité.

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Outre l’aspect ludique et pratique de ce système, il possède une réelle utilité dans la gestion des végétaux en bâtiments professionnels.

La vision de Still Human

Remettre du végétal là où il est absent mais pourtant nécessaire.

Si le périurbain compte 80% de végétaux, les centres urbains n’en comptent que 15%. Still Human compte jouait un rôle de la re-végétalisation des espaces urbain.

Nous voyons aussi qu’avec ce genre de proposition, la robotique n’est pas cantonnée aux robots humanoïdes ou au automates industriels. Bien d’autres applications voient le jour.

De l’interface Homme-machine à l’interface de dialogue Homme-plante

Ici, la machine ou le robot n’est qu’un outil pour favoriser un autre type de dialogue. Car la finalité ici n’est pas l’interface de dialogue entre le robot (la machine) et l’homme, mais bien entre l’homme et le végétal.

L’interface de dialogue est d’ailleurs assez simple : un code couleur par LED (évitant d’être obligé de se référer constamment à son smartphone) et une application smartphone pour plus d’informations sur sa plante.

Le renouveau de l’interface passe de toute évidence par une simplification des modes de communication pour faciliter le dialogue.

Prizm, le premier lecteur de musique intelligent

Certains d’entre vous connaissent déjà Prizm. Financé à hauteur de 161 149 euros sur Kickstarter, ce projet a bénéficié d’une large couverture médiatique.

Une longue période de développement et de tests a suivi la campagne de financement pour aboutir aujourd’hui à un produit en version finale et commercialisé sur invitation sur leur site au prix de 149 euros.

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Prizm se présente comme le premier lecteur de musique intelligent et propose de renouveler l’expérience musicale. Cet objet connecté à vos enceintes et à votre plate-forme de streaming préférée vous propose des playlists musicales en fonction des personnes présentes dans la pièce, du moment de la journée et de vos habitudes d’écoute

L’intelligence artificielle en mode apprentissage

Prizm, grâce à un algorithme maison apprend constamment vos gouts musicaux en fonction de :

  • l’environnement,
  • du contexte,
  • du moment de la journée,
  • des gens présents.

Il cartographie vos goûts musicaux de manière dynamique et permet des intéractions grâce à des boutons présents sur l’appareil, des modules Bluetooth et Wifi.

Ainsi il ne vous proposera pas la même playlist le matin au réveil ou le soir lors d’un diner entre amis. La playlist sera différente en fonction des amis présents dans la pièce (qui auront installé l’application Prizm – gratuite – et accepté de partager leurs gouts musicaux). Et elle combinera les gouts communs aux personnes présentes dans la pièce.

L’application et l’expérience utilisateur sur l’application a été longuement réfléchie. Mais, ce qui est, une fois de plus, assez frappant dans cette approche, c’est le désir de libérer l’utilisateur de son smartphone. Prizm propose des playlists intelligentes sans nécessité une fastidieuse recherche sur son smartphone ou sur une plate-forme de streaming. Doté de 3 boutons, il permet des intéractions basiques évitant l’emploi de l’application et du smartphone pour l’accès à des fonctions basiques.

Bien évidemment il est doté d’une application smartphone pour aller plus loin et paramétrer votre profil.

Clustaar, l’intelligence conversationnelle et le futur des chatbot

Clustaar est une société spécialisée dans la mise en place de chatbot.

Qu’est ce qu’un chatbot ?

Un chatbot est une plate-forme conversationnelle qui permet à un humain et une machine de dialoguer dans un langage naturel.

Clustaar est revenu en détails sur les étapes de mise en place de ces chatbots. Avec l’ouverture de Messenger Facebook aux entreprises, pour une utilisation de SAV grâce à des chatbots, tous les grands comptes s’engouffrent dans cette nouvelle solution de gestion de relation client.

Le challenge de cette nouvelle solution est d’intérargir avec les smartmachines via des conversations ouvertes. Le problème réside dans  la forte probabilité que l’utilisateur pose une question qui n’a pas été prévue.

Pour répondre à ce problème il y a deux approches :

  • l’approche universelle (réponse à tout). Google est le 1er chatbot universel qui fonctionne bien selon Clustaar. Mais ce procédé n’est pas forcément efficace et raisonnable dans une solution ciblée tel qu’un CRM dont les contours peuvent être évalués.
  • l’approche verticale : identifier les attentes dans un domaine et réduire le champ des questions possibles.

Les différentes étapes de l’approche verticale

Clustaar nous a présenté sa maîtrise des différentes étapes de l’approche verticale. Nous avons donc pu envisager l’importance de la méthodologie dans l’élaboration d’un chatbot.

Une phase d’apprentissage nécessaire

Il faut avoir une idée précise de ce que cherchent les futurs utilisateurs de ce type de service. Pour cela, Clustaar a mis en évidence la nécessité de multiplier les points d’entrée dans le dataset d’apprentissage :

  • moteur interne
  • connaissance SAV
  • mots clé Google

Un mapping des intentions

Sous forme d’une cartographie des intentions de recherche sur le domaine précis, on observe bien différents pôles d’intérêts autour desquels se regroupent des questions  ou des recherches sur le même sujet.

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L’exercice suivant tient plus d’un travail linguistique : extraction des entités, synonymie, correction orthographique.

Avant d’aboutir à la solution finalisée et efficace, il faut encore passer par plusieurs étapes de mise en forme des réponses, de création de connecteurs applicatifs pour connecter ce système à une interface du type slack ou Facebook Messenger.

Les enjeux de la mise en place d’un chatbot

Ce processus très technique et méthodique  n’évite pas une forte réflexion sur l’expérience client et  son enrichissement. Clustaar nous parle d’hyperpersonnalisation de l’expérience afin de s’adapter aux particularités et comportements de l’utilisateurs et nous met en garde sur le fait de ne pas vouloir simplement reproduire une expérience de call center.

Ne pas reproduire une expérience de call center.

Une démo bluffante

Toutes ces explications techniques ne valent rien en comparaison à la démo qui s’en est suivie. Très bluffante, on comprend bien l’intérêt de ce processus et le résultat est sans appel. Un utilisateur non averti ne se rendra pas compte immédiatement qu’il parle à une machine et non à un être humain.

Des questions ….

Mais cette efficacité soulève quelques questions. Ces solutions sont de tout évidence plus efficaces et plus satisfaisantes qu’un service client classique où le consommateur dialogue avec un opérateur humain :

  • pas d’attente interminable,
  • une réponse technique apportée tout de suite.

Mais ne pas informer le consommateur qu’il s’adresse à un robot peut soulever des questions d’éthique à l’avenir et pourrait générer de la défiance de la part de l’utilisateur.

Cybedroïd, un robot d’accueil multifonction

Nous avons accueilli un robot multifonctions de la société Cybedroïd.

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Nous sommes revenus sur des questions fondamentales dès que nous abordons le sujet du robot humanoïde en tant que compagnon domestique, utilitaire ou de service.

Fonctionnalités

Aujourd’hui, nous avons une meilleure lecture des différentes fonctionnalités que l’on peut attendre d’un robot.

Fabien Raimbault, CEO de Cybe-Group nous les a rapellées. Selon lui, un robot peut être :

  • une plate-forme de développement,
  • une imprimante physique de décisions logicielles,
  • un compagnon,
  • un outil pour le service à la personne,
  • basé sur le transfert affectif.

Le marché de la robotique de service

Le marché de la robotique est de mieux en mieux appréhendé et permet à des sociétés de plus en plus nombreuses de prospérer dans de nouveaux domaines :

  • l’assistance,
  • le robot-compagnon,
  • la surveillance,
  • le divertissement,
  • la medecine,
  • etc…

Le robot majordome de plus en plus abouti

Fabien Raimbault est venu accompagné d’un robot pour nous en faire une brillante démonstration.

Aujourd’hui posséder un robot majordome semble de plus en plus accessible. Ce robot présenté lors de la conférence ZestInnovation#6  coûte 21000 euros avec de nombreuses applications : comme accueillir des invités, conseiller sur un vin en fonction du plat servi, passer un plat de services et une  multitude de fonctionnalités déjà développées ou en cours de développement.

Quelle interface pour dialoguer avec un robot ?

La question de l’interface de dialogue est primordiale en terme d’expérience utilisateur. La tablette ou l’ordinateur semble encore une interface privilégiée dans les démo présentées, mais la reconnaissance vocale semble aussi de plus en plus incontournable.

La société Sedona lance une nouvelle offre RX Design pour Robot Experience car le champ de la recherche en RX design est encore à construire.

Adok ou comment agir sur un écran projeté

La session s’est conclue sur la présentation d’un prototype très concluant de la société Adok qui a conçu un projecteur ultraportable, tactile et multi utilisateurs.

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Mais cette définition ne rend pas honneur à ce concept bien souvent vu dans les films de science-fiction.

Adok rend obsolète l’écran tactile classique pour nous proposer un boitier qui  projette un écran tactile sur une surface plane. Posé sur une table, ce boitier peut projeter l’écran d’une tablette. Rien d’extraordinaire jusqu’ici. Mais doté de plusieurs capteurs, il est possible d’agir sur cette projection comme si l’on était sur un écran tactile physique. Cette technologie permet de faire du multi-utilisateurs en reconnaissant différentes mains agissant sur la surface projetée. Plus de 100 utilisateurs peuvent agir sur la surface pour ouvrir des fenêtres, des documents ou toute autre action possible sur une tablette.

Cette technologie conviviale engendre de nouveaux usages et de nouvelles manière d’agir à plusieurs. Les concepteurs ont ainsi pensé à des fonctions comme le multifenêtre permis avec la dernière version d’Android. Là aussi, la démonstration de cette technologie  a été bluffante.

Le prochain Zest Innovation

Le succès grandissant des rencontres Zest innovation a permis d’exporter cet événement en Suisse auprès des filiales de Sedona en Suisse.

Le prochain rendez-vous est fixé en décembre 2016 où il sera question de « Digital Expérience ».

Et nous espérons pouvoir accueillir les étudiants en communication et en journalisme de l’EFAP et de l’EFJ pour une couverture vidéo de nos conférences !

A très bientôt.

 

Categories: Les News, Robotique

A propos de l'auteur

Cécile PINEAU

Cécile PINEAU

Fondatrice du site LesConnectés.net Consultante en communication et fondatrice d'Un Oeil sur la Pub. Passionnée pour tous les moyens de communication et notamment par les NTIC. Aime la SF, l'art contemporain, bidouiller son smartphone, lire, écrire....

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