Zest Innovation, 3ème édition – les objets connectés sont partout

Jeudi 18 juin, Sédona Solutions et l’agence digitale West organisaient la troisième édition du petit-déjeuner Zest Innovation. Devant le succès grandissant de cet événement, leur partenaire Microsoft avait décidé d’accueillir les participants dans son appartement témoin : l’Explorer au 8ème étage de ses locaux.

La salle était pleine. Ce compte rendu revient en détails sur toutes les interventions de cette matinée dédiée à l’Innovation et aux objets connectés.

Wezr, un capteur météo connecté

Nous vous avons déjà présenté cet objet sur ce site. Notamment lors de l’interview de l’un des fondateurs de Wezr, Stéphane Diner.

Stéphane Diner a présenté le capteur lors de cette 3ème édition de Zest Innovation devant un public attentif.

Son intervention  a insisté sur les usages tant dans le grand public que dans le secteur professionnel.

Ce capteur météo connecté vous permet, en effet, d’obtenir des prévisions météo très précises géographiquement et aussi dans le temps (avec une précision de 5 minutes). Alors que les prévisions météo classiques sont souvent données à l’échelle de la plus grande ville de la région, elles ne prennent pas en compte les phénomènes de micro-climat. D’autre part, elles ne sont calculées que toutes les 6 heures. C’est pour cela que nous sommes souvent déroutés et que nous avons l’impression que « la météo s’est encore trompée ».

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Wezr pallie ce problème grâce à la combinaison de cet objet connecté, des données qu’il recueille et d’une nouvelle approche de calcul des prévisions météo.

Les usages sont nombreux pour tous les pratiquants d’activités outdoor, comme le VTT, la randonnée, les sports de voile, l’escalade, etc. Ainsi le pratiquant peut choisir le lieu proposant les conditions idéales pour son sport ou prévoir l’équipement adapté en fonction de la météo annoncée.

De nombreux secteurs professionnels sont aussi très intéressés par ce produit offrant une réelle valeur ajoutée :

  • le secteur de l’agriculture pour une meilleure gestion des traitements, des semences et des récoltes,
  • le secteur du BTP, pour un meilleur déploiement des équipes en fonction des conditions météo,
  • le secteur entier du tourisme.


Stéphane Diner a évidemment mis en avant le gain immédiat pour une entreprise dans la meilleure gestion de ses équipes de maintenance mais il a aussi évoqué des notions de confort et de sécurité.

A la fin de cette présentation, l’assemblée a posé de nombreuses questions sur le fonctionnement du capteur. De manière synthétique, le fondateur de Wezr l’a résumé assez simplement.

L’objet, pas plus gros qu’une balle de ping-pong est muni de 3 capteurs :

  • température,
  • humidité,
  • pression.


Il est connecté au smartphone via la connexion Bluetooth. Ces informations remontent vers les serveurs de Wezr via la connexion du smartphone et elles sont agrégées à des données open source retravaillées par les algorithmes de Wezr. Les prévisions météo sont ainsi réactualisées pour coller au mieux à la réalité et permettent une grande précision géographique.

L’innovation de Wezr ne réside pas tant dans l’objet connecté que dans l‘innovation mathématique de ses algorithmes qui utilisent un nouveau modèle ultra rapide. 

Wezr est un pur produit de l’Innovation du numérique qui bouleverse peu à peu nos usages. Faisant appel à un objet connecté, au traitement algorithmique des Big Data et au crowdsourcing, il combine tous les atouts du progrès liés à l’IOT.

The Keys, la serrure connectée

Arnaud Decherf a présenté la serrure connectée The Keys. Une solution intelligente de partage d’accès d’une pièce, d’un bureau ou d’une maison très sécurisée.

Il a surtout été question de sécurité ! La conception est plus complexe que l’on pourrait le penser et Arnaud Decherf nous a laissé entrevoir toute la réflexion qui se cache derrière la conception d’une serrure connectée.

« The Keys, une serrure que l’on installe en 2 min, que l’on peut déverrouiller en 2 sec et qui dure 20 ans »

  • une serrure standard que l’on peut installer très facilement sur tous les types de portes,
  • une serrure connectée à un smartphone qui réagit en moins de deux secondes,
  • une serrure robuste et pérenne.

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La serrure connectée The Keys permet un partage d’accès, via un smartphone. L’utilisateur, grâce à un code unique peut autoriser temporairement ou régulièrement l’accès à sa maison ou appartement. Plus besoin de cacher une clé sous le paillasson pour la nounou, la femme de ménage ou le voisins qui vient arroser vos plantes durant vos vacances.

De nombreuses questions sur la sécurisation de l’accès via ce produit ont été posées à l’issue de la présentation de The Keys.

  1. La première sécurité mise en avant par le concepteur est le fait que la serrure semble être une serrure tout à fait classique vue de l’extérieur. La poignée avec le mécanisme se situe à l’intérieur. Cela a un double avantage :
    • ne pas avertir toute personne étrangère à votre domicile que son accès se fait via une application smartphone,
    • protéger le système électronique de tout acte de vandalisme.

  2. Les possibilités d’option d’accès offertes par l’application permettent de réduire l’accès à des heures ou des dates fixes.
    Contrairement au « double de clé » cet accès peut être révoqué à tout moment en cas de perte, ne peut pas être dupliqué, et ne peut pas être utilisé en dehors des limites fixé par le propriétaire. 

  3. Le déverrouillage se fait par connexion Bluetooth, une connexion de proximité. Votre voisin ne peut pas pirater l’accès à votre domicile à distance. Pour ouvrir la porte, il faut être devant.

Autant d’interrogations qui ont su trouver à chaque fois une réponse satisfaisante. Arnaud Decherf a su prouver que lui et son équipe avait fait le tour des questions posées par ce type de produit et avait su trouver une solution à chaque fois.

Il fait remarquer que The Keys est tout aussi inviolable qu’une serrure classique (pas plus). En outre, contrairement à une serrure classique cet objet apporte plus de sécurité dans de nombreux cas de figures en limitant l’accès du logement à certaines heures en fonction des individus, par ex.

Les imaginaires de l’Innovation et du progrès technologique

L’organisateur de cet évènement, Sedona, a décidé de proposer une pause à son auditoire et d’offrir un moment de réflexion sur les imaginaires de l’Innovation et du progrès technologique que l’on retrouve en premier lieu dans la science-fiction.

Etant moi-même sémiologue et consultante en communication, j’ai longuement étudié cette facette de l’innovation dans la perspective d’améliorer la communication des industries innovantes et j’ai donc naturellement proposé à Sedona d’intervenir sur ce sujet.

La Science-fiction, construction d’un langage spécifique

Les premiers à nous parler et à nous faire rêver d’innovation et de progrès technologique se nomment Jules Verne, Isaac Asimov, Philip K. Dirk, Stanley Kubrick, Georges Lucas, etc….

La science fiction est la première à construire l’imaginaire collectif dédié à l’innovation et au progrès technologique. Elle met en place tout un langage, un répertoire lexical et un répertoire visuel pour aborder des thématiques et des univers qui n’existent que dans l’imagination de leur créateur.

Très vite, on s’aperçoit que le répertoire lexical choisi est celui des sciences et des mathématiques. Et cela n’a rien d’étonnant quand on fait le lien entre la Révolution Industrielle et ses grandes découvertes et les premiers romans de science-fiction de Jules Verne dès la fin du 19ème siècle.

Peu à peu ce répertoire lexical se met en place et le cinéma continue d’employer des termes très techniques, souvent incompréhensibles, dès lors qu’il est question d’innovations technologiques futuristes. Cela crée, par la même occasion, une mise à distance entre le spectateur et un idéal de progrès fantasmé autant rêvé que redouté.

Sur le plan visuel, le cinéma met en place très tôt un langage qui sera repris et soutiendra toute une réflexion plus poussée sur le fantasme d’une société futuriste, les peurs et les angoisses que cela engendre.

2001, L’Odyssée de l’Espace popularise tout un univers visuel pour nous parler d’innovation technologique. Les grandes lignes seront reprises par Star Wars, et tous les films qui suivront jusqu’aux plus récents comme Bienvenue à Gattaca, Minority Report, Elysium, Interstellar, etc.. :

  • une palette chromatique restreinte,
  • des couleurs froides avec la domination du blanc,
  • la froideur technologique,
  • un univers déshumanisé et déshumanisant,
  • une certaine personnification des objets et des robots.

« La symbolique des couleurs du progrès technologique se met petit à petit en place avec le blanc et le gris argenté comme couleurs primaires. »

Science-fiction, innovation et redéfinition de la notion de l’Espace et du Temps

Derrière ce langage formel se cache une redéfinition de l’Espace. L’Espace, sous toutes ces acceptations, est au centre des histoires contées par la science-fiction. A travers les épopées galactiques des space-opera, on nous propose un futur où l’innovation technologique nous permet de relativiser les distances et d’accéder à une nouvelle définition de l’espace.

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Le 5ème élément, 1997

Que ce soit Minority Report ou le 5ème Elément, les réalisateurs optent pour une troisième dimension pour faire circuler les « voitures ». On peut non seulement se déplacer sur l’axe horizontal habituel mais aussi sur un axe vertical. Dans Interstellar, la redéfinition de la gravité, dans la station stellaire aperçue à la fin du film, nous laisse imaginer de nouvelles lois de la physique.

Dans le réel, Michel Serres a donné une conférence sur l’innovation et le numérique en janvier 2013. Il nous explique en quoi l’Humanité est bien en train de vivre une innovation fondamentale grâce au numérique. L’un des trois piliers de ce changement est notamment la redéfinition de l’espace.

Les questions posées par la Science-fiction

Outre l’aspect divertissant de cette littérature et de cette filmographie abondantes, il faut aussi envisager la science-fiction comme un terrain de réflexion sur les fantasmes, les peurs et les angoisses liés à l’innovation technologique. La science-fiction nous pose des questions auxquelles les industries innovantes d’aujourd’hui devront réfléchir et répondre.

« Les nouvelles technologies vont-elles déshumaniser l’Homme ? »

« Devrons-nous choisir entre nos libertés individuelles et le confort apporté par les nouvelles technologies ? » 

« Les nouvelles technologies seront-elles une solution ou un problème aux enjeux climatiques qui nous attendent ? »

« L’intelligence artificielle sera-t-elle une réalité et quelle place lui donnera t-on ? »

« La révolte des machines de Terminator est-elle toujours de l’ordre du pur fantasme au regard des progrès de la robotique aujourd’hui ? »


Les industries innovantes

Quand on se replace sur le plan du réel, nous observons que les industries innovantes ont déjà repris à leur compte le langage construit par la science-fiction et en réclame même une sorte de filiation à l’instar du trailer commercial de Samsung pour la sortie de sa première montre connectée.

 

 

Microsoft nous propose une vidéo dans le cadre de sa réorientation stratégique qui emploie en grande partie les codes de la science-fiction.

Mais l’on voit déjà que Microsoft tente de lever certaines peurs et de répondre à certaines questions.

Cette vidéo démontre comment Microsoft tente de situer ses technologies dans un environnement plus naturel sans opposer Technologie et Nature.



Optinvent et son casque audio intelligent

La société Optinvent est une start-up rennaise qui s’est spécialisée dans l’élaboration de lunettes intelligentes.

Le projet ORA 1, des lunettes intelligentes

Optinvent a réussi à concevoir des lunettes intelligentes, fonctionnelles et disponible sur le marché pour les entreprises et les développeurs.  Elle remporta un grand succès auprès du grand public sur Kickstarter, en récoltant  plus de 100 000 $ de commandes !

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Que voyons-nous à travers ses lunettes intelligentes ?

L’écran est celui d’une tablette sous Android. Nous naviguons dessus grâce au pavé tactile présent sur la branche de la lunette. Ceci s’effectue avec une facilité déconcertante. Le confort de vision est là ! Mais ce premier produit est surtout un « proof of concept » pour aider développeurs, entreprises et partenaires à créer des cas d’usage.

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Le but d’Optinvent est d’aller sur le marché grand public.  La startup a détecté certains freins à la commercialisation de lunettes intelligentes qu’elle compte bien lever.

Le projet ORA-X, un casque intelligent

Le Projet Ora-X – aussi sur Kickstarter –  montre l’expertise d’Optinvent et la prise de conscience de la startup sur les freins du grand public à se munir de lunettes intelligentes telles que les Google Glass.

Optinvent a bien compris qu’il fallait sortir du form factor de la lunette pour pouvoir plaire au grand public.

Ils ont décidé de développer un casque audio avec un écran amovible. La tendance actuelle est aux casques audio volumineux, véritables accessoires de mode, les urbains en sont tous équipés pour pouvoir apprécier au mieux leur musique en déplacement, dans les transports en commun par exemple.


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Les applications sont multiples.

Le casque est bien évidemment sans fil, bluetooth, muni d’un micro. Batterie déchargée, il peut se connecter au smartphone à l’aide d’un câble standard comme  la plupart des casques bluetooth que l’on trouve sur le marché.

La forme du casque permet d’embarquer une batterie conséquente sans nuire au design et de toute la connectique et la technologie nécessaire à l’écran.

Les applications sont très nombreuses : de la consultation de ses mails à des applications de réalité augmentée, tout est possible, et ceci grâce à une interface sous Android.

Intel et son scanner 3D miniaturisé

Nous vous avons déjà présenté le scanner 3D d’Intel dans un précédent article lorsqu’Intel était venu présenter ces dernières innovations aux journalistes high-tech,  le mois dernier lors de l’Intel Futur Showcase.

Cette fois-ci, Anthony Charbonnier a bien voulu se prêter à cet exercice devant un parterre de décideurs du Digital et de l’Innovation.

Il nous a présenté deux types de scanner 3D.

Scanner 3D User-facing

S’intégrant aux notebook, ce produit permet :

  • le contrôle gestuel (à la manière de la kinnect),
  • la reconstruction 3D d’objets,
  • l’analyse faciale,
  • la réalité augmentée,
  • la capture 3D de visage.

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Vous l’attendez avec impatience ? Il est déjà intégré chez certains OEMs.

Scanner 3D World-facing

D’un format plus compact. Cette caméra-scanner 3D a pour vocation d’être intégrée aux tablettes et smartphones.

Les usages sont un peu différents, ce produit permettra :

  • la capture 3D d’objets ou d’environnements,
  • de la Réalité augmentée,
  • une capacité de photo améliorée,
  • la prise de mesure.

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Intel annonce sa sortie pour la fin de l’année 2015.

Pourquoi Intel se lance dans les scanner 3D ?

Intel a une véritable vocation à proposer ce type de produit. La miniaturisation et la nécessité d’intégrer un processeur propre au scanner a poussé Intel à se pencher sur le développement de ce type de produit.

Il y a un réel besoin d’intelligence dans la caméra pour la synchronisation et le traitement des données et pour l’ajout de profondeur dans l’image.

Intel a donc conçu une puce spéciale pour l’analyse de la profondeur stéréo.

D’autre part, pour obtenir une vitesse d’exécution rapide, il ne faut pas être obligé de compter sur le processeur de l’appareil hôte, surtout s’il s’agit d’un smartphone.

Grâce à cette intervention, nous pouvons ainsi nous rendre compte que même les plus gros acteurs du secteur high-tech ont décidé de proposer des produits à la pointe de l’Innovation. Le poids qu’ils pèsent dans ce secteur, leur permet de diffuser massivement leurs produits au plus grand nombre et très rapidement.

Les solutions Microsoft dédiées aux objets connectés et aux start-up

Microsoft fait le constat suivant : il n’y a pas de définition standard de l’Internet des Objets. Cependant, il regroupe des « objets » physiques et divers, comme des équipements industriels, des capteurs, des smartphones, des véhicules, etc.

Ces objets se connectent à d’autres objets, à Internet, et aux personnes. Ils collectent et communiquent des données.

La plate-forme Azure IOT Services de Microsoft a trois objectifs principaux :

  • optimiser les différentes interactions possibles,
  • innover, grâce à un partenariat plus poussée avec les acteurs de l’IOT,
  • accompagner la transformation digitale de grands groupes comme Thyssen Krupp, Schneider Electric ou Rockwell Automation.

Microsoft veut être un acteur incontournable dans le secteur de l’IOT.

Nous l’avons déjà bien compris lors de la présentation de Thierry Pick à lors de l’édition précédente des Zest Innovation. Thierry Pick nous avait présenté une nouvelle phase de développement de Microsoft  » Microsoft Reboot ».  Lors de cette intervention nous avions vu la place grandissante des objets connectés dans l’offre produit de Microsoft.

Cette fois-ci, nous voyons comment Microsoft veut aussi être un acteur important du secteur de l’Internet des Objets en tant que partenaire, plate-forme d’accueil et de conseil, de la startup aux grands comptes.


Conclusion

Cette nouvelle édition a montré, une fois encore, la vivacité de l’écosystème français en matière d’objets connectés.

La place accordée aux questions a permis des échanges constructifs. A l’issue de cette rencontre certains acteurs se sont découverts des intérêts communs et cela a permis une vive émulation entre les différents partenaires de Sedona.

La prochaine édition aura lieu à la rentrée et promet d’être tout aussi enrichissante.

 

Categories: Economie, Les News

About Author

Cécile PINEAU

Fondatrice du site LesConnectés.net Consultante en communication et fondatrice d'Un Oeil sur la Pub. Passionnée pour tous les moyens de communication et notamment par les NTIC. Aime la SF, l'art contemporain, bidouiller son smartphone, lire, écrire....

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